La momie de la célèbre pharaonne Hatchepsout a enfin été identifiée, un siècle après sa découverte. C'est un minuscule fragment de molaire qui a permis de reconnaître la reine à la barbe postiche. En revanche, on a perdu la trace de son papa, Thoutmosis I...
C'est sans doute la fin d'une énigme séculaire que vient de clore une conférence de presse mondiale organisée en grandes pompes par Zahi Hawass, secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités égyptiennes. En présentant deux momies, il a affirmé que l'une d'elles était celle d'Hatchepsout, reine d'Egypte de la 18ème dynastie, et que l'autre n'était pas celle de Thoutmosis I, père de la première.
Égyptologues, spécialistes des analyses ADN et dentistes ont dû se succéder au long d'une enquête étalée sur plus d'un siècle pour percer le mystère de ces momies.
Hatchepsout (1490 – 1468 avant notre ère)Cette reine est la seule femme dont on sait qu'elle a régné seule sur l'Egypte pharaonique. Hatchepsout accéda au pouvoir après la mort de son époux, Thoutmosis II, et commença son règne comme reine mère et tutrice de son beau-fils. Par la suite, elle accapara tout le pouvoir. Même son neveu Thoutmosis III, qui devint l'un des plus grands de tous les pharaons, dut se plier pendant plusieurs décennies à sa volonté. Pour consolider son pouvoir, elle se fit styliser sous des traits masculins, et se fit représenter sous l'apparence d'un homme. Même dans la représentation de son origine divine dont elle arguait pour justifier son accession au trône, elle se fit représenter sous les traits d'un garçon et non d'une fille. A l'époque, il était impensable qu'une femme soit sur le trône égyptien, contrairement aux femmes de la maison des Ptolémée, famille de la grande Cléopâtre, qui régnèrent plus d'un millénaire plus tard. Après la mort d'Hatchepsout, son nom fut effacé des annales de l'Egypte. Sa redécouverte (quand ?) au 19ème siècle est l'un des triomphes de l'Égyptologie.
Petit rappel des faits. En 1903, Howard Carter, futur découvreur de la tombe de Toutânkhamon, explore un tombeau, dénommé KV 20, dans le temple de Dier el-Bahari, près de Louxor, et déjà visité en 1824 par Giovanni Battista Belzoni. Mais il ne trouve là que deux sarcophages, marqués des noms de Thoutmosis I et de sa fille Hatchepsout, dont l'histoire a retenu le nom.
Devenue régente au quinzième siècle avant Jésus-Christ à la mort de Thoutmosis II, son mari et néanmoins demi-frère, elle prend d'autorité les pouvoirs d'un pharaon et règne 21 ans. On la représente alors vêtue d'un pagne d'homme et affublée d'une fausse barbe. Après sa mort, son successeur, Thoutmosis III, s'attache à détruire tout ce qui rappelle la souveraine. C'est sans doute à cette époque que le corps de Hatchepsout a été évacué de sa tombe.